Tsuboniwa École d'Aikido — 坪庭 合氣道 流

Adresse Dojo

37 rue Léo Lagrange

93130 Noisy Le Sec

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Pourquoi choisir l’aïkido ?

L’aikidō 合気道 (écritures japonaises) est un budō 武道. Littéralement, en japonais un budō est une « voie guerrière » que l’on traduit généralement par « art martial ». Dō 道 signifie chemin, voie, au sens propre (chemin, route, voie…), comme au sens figuré (voie spirituelle). L’idéogramme Bu 武 représente une main et une lance, la main qui tient ou arrête la lance. Il désigne ce qui relève de la guerre dans de nombreux mots japonais. Un budō est une voie de développement personnel, basée sur des principes techniques mais aussi moraux, issus des pratiques et des codes éthiques (bushidō) des arts martiaux anciens (kobudō).

Mise au point importante : un budō n’est pas un sport ! Il n’y a aucune compétition, si ce n’est contre soi-même…

Certains sports dits « de combat » (judo, karaté, kendo…), s’ils ont jadis fait partie des kobudō, ont plus ou moins perdu l’esprit du budō en devenant des sports. (À ce sujet, voir : TRADITION MARTIALE JAPONAISE [bujutsu, budō, sports de combat], dans la rubrique « culture » sous l’onglet « Japon »).

Cependant, en France, pour des raisons historiques qu’il serait trop long d’exposer ici, les budō, donc l’aïkido, sont administrativement rattachés aux instances gouvernementales qui régissent le sport. Cela peut égarer une personne qui pense s’inscrire à une activité « sportive » et qui, de surcroit, n’a pas connaissance de l’état d’esprit qui prévaut dans l’étude d’un budō.

Cela étant dit, il est tout à fait normal qu’un débutant motivé (les non-motivés ne dépassent pas le premier trimestre…) ne trouve pas de réponse immédiate à ses attentes. Il peut même lui sembler que l’étude de l’aïkido ne réponde pas aux motivations qui ont pu être siennes, parmi lesquelles :

Assurer son auto-défense

C’est sans doute la première et la plus fréquente des motivations.

Tout d’abord, au risque de dérouter, il faut garder à l’esprit qu’un budō n’a pas pour vocation d’être efficace en combat de survie (chez les animaux la prédation, chez l’homme, les actes de guerre ou de terrorisme et dès lors qu’il y a une arme ou l’attaque simultanée de plusieurs agresseurs). Ceux qui prétendent le contraire, non seulement vous mentent, mais vous mettent potentiellement en danger.

Cette prérogative reste du domaine des forces spéciales de l’armée ou de la police. Il faut garder à l’esprit que si, dans les régimes démocratiques, on peut pratiquer librement un budō, il y a évidemment des limites légales. Dans les régimes totalitaires, l’étude des arts martiaux est souvent interdites aux civils.

Il ne faut cependant pas en conclure hâtivement que cela ne sert à rien. C’est plus que suffisant en combat rituel (chez les animaux – y compris l’homme – pour un territoire ou une femelle, auquel s’ajoute chez l’homme, le combat d’égos…).

Hélas, l’homme étant ce qu’il est, de nos jours, certains combats qui devraient être rituels deviennent des combats de survie, dès lors qu’il y a une arme ou plusieurs attaques simultanées. Selon l’adage qui veut que « plus il y a de cerveaux, moins il y a de neurones », les bandes, organisées ou non, observent rarement un code d’honneur qui trouverait déshonorant d’attaquer à deux, trois ou plus, contre un. Dans ces cas, si c’est encore possible, il est plus utile de courir vite…

Il convient aussi de rectifier une idée couramment répandue chez les profanes. L’aïkido n’est pas « défensif ». Toute défense censée répondre à une attaque aléatoire arrive souvent – pour ne pas dire toujours – trop tard. Pour cette raison, aucun art martial n’est uniquement défensif. Cela ne veut pas dire non plus que l’aïkido soit offensif. On ne pratique pas l’aïkido pour casser la figure à tous ceux que l’on n’aime pas… Il existe, en aïkido, un juste milieu qui consiste à initier (anticiper…) l’attaque pour s’unir avec, plutôt que de s’y opposer.

L’aïkido fait plutôt écho à cette locution latine : Si vis pacem, para bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre).

Au début, période dont la durée varie selon les individus (cependant il faut toujours garder l’ « esprit du débutant ». Croire que l’on sait est prétentieux et vain !), au début donc, l’aïkido semble peu efficace, la progression trop lente pour pouvoir prétendre répondre à cette motivation. Il n’y a pas de botte secrète, les formes d’étude pré-déterminées peuvent paraitre inapplicables en situation « réelle », l’enseignement met autant l’accent sur l’aspect mental que sur les aspects technique et physique.

De plus, l’aïkido met un point d’honneur à respecter l’intégrité. De soi-même (ne pas se mettre en danger), et du partenaire/adversaire (ne pas blesser).

Pourtant, à la longue, on y apprend à connaître sa place, à mieux se respecter (première étape pour mieux respecter autrui), à pratiquer la tolérance.

Cela ne fonctionne que si l’on s’applique une discipline personnelle stricte, dont découlera une sérénité et un caractère équilibré qui ne peuvent mener à aucun conflit.

La véritable auto-défense ne doit laisser place à aucune violence. Convaincre vaut mieux que vaincre. Répondre à la violence par la violence ne fait que l’entretenir, voire l’accroitre, sans jamais l’éradiquer.

Pratiquer une activité sportive

Prendre soin de soi à travers une pratique sportive est également une motivation dans l’air du temps.

Une fois admise l’idée que l’aïkido n’est pas un sport, qu’il n’y a pas de compétition et qu’on n’y éprouve pas du tout les mêmes sensations physiques que dans des sports traditionnels, force est de constater que c’est une activité physique qui n’a rien à envier aux sports.

La pratique de l’aïkido va progressivement forger un physique polyvalent alliant souplesse, rapidité et puissance. Les os vont se renforcer, les articulations vont s’assouplir et un physique harmonieux va se développer. Une parfaite coordination des mouvements va assurer la précision des gestes. Le travail sur la respiration va contribuer à améliorer la condition physique. À plus forte raison s’il est associé à une bonne hygiène de vie – facultative, mais fortement conseillée.

Le mental n’est pas en reste, qui va profiter du développement des capacités physiques pour se renforcer. Le pratiquant d’aïkido va, au fil du temps, développer disponibilité, performance et polyvalence dans tous les domaines.

Tout cela, contrairement à la plupart des sports, sans aucune limite d’âge si ce n’est la mort.

Nouer un lien social

Faire partie d’un groupe, rencontrer des gens peut être une motivation.

Une particularité de l’aïkido est d’être une activité à la fois individuelle et collective. On y travaille essentiellement sur soi et pour soi, mais les autres nous sont indispensables. On est amené à travailler avec des gens qu’on aurait sans doute jamais abordés en dehors du dojo.

Qui plus est, les contacts physiques sont obligés. Cela crée une relation particulière où l’on finit par se connaître et se respecter mutuellement, sans pour autant qu’une vie de groupe ne s’installe obligatoirement hors du dojo.

Pourtant, renforcé par la rigueur d’une expérience commune et par le combat contre son ego, et pourvu qu’il gagne ce combat – sans doute le plus difficile, le pratiquant d’aïkido finit par devenir quelqu’un d’un abord bienveillant. Le besoin d’élever constamment son niveau en fait une personne intéressante, enrichissante et ouverte aux autres.

Compléter un intérêt culturel pour le Japon

Cette dernière motivation concerne les personnes attirées intellectuellement et culturellement par le Japon.

Manga, Japan pop musique, jeux vidéo, littérature, cinéma, nourriture, mode de vie japonais sont de plus en plus prisés. Il y a aujourd’hui un « rêve japonais » comme il a pu y avoir un « rêve américain ».

En témoignent Japan Expo et autres manifestations, qui attirent chaque année un public de plus en plus nombreux et varié.

Hélas, le dojo occidental ressemble plus souvent à une salle de sport sans âme où l’on ne fait que passer, qu’à un dojo traditionnel japonais où l’on aimerait s’investir même en dehors des heures de cours. Qu’importe, l’important est ce qu’on y apprend. Comme disait Tamura sensei : « On porte le dojo dans son cœur, faisant ainsi de n’importe quel lieu un dojo. »

À l’inverse, ceux qui n’ont pas cette motivation, s’ils s’accrochent, vont très vite ressentir le besoin d’approfondir leurs connaissances pour comprendre ce qui est et fait le berceau de l’aïkido, à savoir, le Japon et la culture japonaise.

Alors, motivé ?

La meilleure des motivations serait de ne pas en avoir, si ce n’est celle de pratiquer.

Seule une pratique approfondie, c’est-à-dire désintéressée, régulière, sur du long terme, apporte la preuve que l’aïkido répond à toutes ces motivations et bien plus.

Mais attention ! Les réponses se trouvent dans une dimension d’autant plus profonde que l’approche en aura été superficielle.

Fréquenter un dojo « en touriste » n’apporte absolument rien. Avoir une attitude de « consommateur » (je paye, donc on me doit quelque chose…) est sans doute la posture la plus frustrante qui soit. La déception sera d’autant plus grande et l’abandon plus rapide.

La technique ne s’achète pas, la maîtrise encore moins. Toutes deux ne s’acquièrent que par un travail personnel assidu. Un proverbe japonais du budō résume bien cela : « Mille jours pour apprendre. Dix mille jours pour maîtriser. Une fraction de seconde pour mourir. » À méditer…

Comme il est dit plus haut, « dō » (aikidō, budō, etc.), signifie littéralement « voie ». Cela est à prendre au sens propre ! C’est un chemin sur lequel on va progresser, dans les deux sens du terme : avancer et s’améliorer.

Avancer de façon continue, sans aucun but. Quand, consciemment ou non, on se fixe un but, on fixe une limite au-delà de laquelle on n’ira jamais…

S’améliorer, c’est-à-dire s’élever à mesure qu’on avance, comme si chaque obstacle franchi était une marche, d’un escalier virtuel, qui mène… à la marche suivante.

Tous ces obstacles sont comme autant de serrures à ouvrir avec une seule clé : le travail sur soi.

Cela étant accepté, l’étude et la pratique de l’aïkido provoque chez l’individu un processus intérieur de changement qui va bien au-delà de toute motivation initiale.

Vous voilà prévenu. Bienvenue au dojo !