Tsuboniwa École d'Aikido | 坪庭 合氣道 流

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Géographie


Que ce soit par la lecture de récits de voyage ou de romans, le cinéma, la presse et la télévision ou la contemplation d’œuvres d’art aussi étranges que merveilleuses, nous avons tous une image rêvée du Japon.

À peine une douzaine d’heures de vol nous sépare de l’archipel de nos rêves, et si ce n’était le prix du voyage… En attendant le prochain, voici un aperçu non exhaustif de la géographie physique du Japon, la seule qui ne change pas trop rapidement. Encore que…

Un paysage dont les traits marquants sont la présence écrasante des montagnes, l’étroitesse des plaines et l’interpénétration de la terre et de la mer.

Hauteurs voilées de brumes surplombant l’océan, rocs couronnés de pins et battus par les vagues, douces collines cernées de touffes de bambous, lacs verdâtres dormant au sommet de cônes volcaniques, hautes cimes rocheuses, crêtes couvertes de forêts, vallées profondes ou courent des torrents, l’histoire géologique récente de ces terres, surgies de l’océan présente encore de vifs contrastes d’altitude renforcés par une érosion vorace – neige, froid et gel, et les pluies torrentielles – qui en rajeunit sans cesse les contours.

Sur 265 volcans recensés, une vingtaine a fait preuve d’activité depuis 1900. Certains, regroupés, forment de vastes paysages lunaires tandis que d’autres s’isolent magnifiquement tel le plus beau de tous, Fuji san. Cet énorme cône de cendres est en sommeil depuis le XVIIIe siècle tandis que son voisin Asama yama émet encore parfois des grondements inquiétants.

Les plaines qui ne couvrent qu’à peine plus de 15 % du pays sont le cadre de la civilisation. Certaines sont très vastes. Dans le centre de l’île septentrionale de Hokkaidō, autour de Tōkyō, de Nagoya ou d’Ōsaka, des étendues illimitées rappellent parfois l’Europe du nord avec leurs routes rectilignes et leur horizontalité parfaite. La plupart pourtant se tassent au cœur des montagnes, cernées de versants boisés et barrées en amont et en aval de gorges sauvages.

Nombreuses sont celles qui s’ouvrent sur la mer. C’est le cas des plus vastes (Tōkyō, Nagoya, Ōsaka, Niigata) et de nombre d’autres, limitées par deux promontoires qui prolongent au large leur collines par de longues plages battues par les vagues. Avec plus de 30 000 km de côtes, toutes les plaines, dont les plus peuplées, ont une façade maritime et la plupart des japonais vit près de la mer.

Le littoral japonais offre une grande variété de paysages. Tandis que d’immenses plages rectilignes se succèdent sur la Mer du Japon, des baies parfois profondes (Tōkyō, Nagoya) et des presqu’îles imposantes (Bōsō, Izu, Kii) découpent le tracé de la côte Pacifique.

La Mer Intérieur qui sépare transversalement l’île de Honshū de celle de Shikoku est émaillée d’innombrables îles révélant sa faible profondeur. Dans le nord du pays, les côtes sont garnies de terrasses soulevées. Les baies rocheuses et bien abritées sont peu peuplées. En revanche, les baies plates et marécageuses sont les grands centres de la vie urbaine et économique (Tōkyō, Nagoya, Ōsaka…). Enfin, la poldérisation du rivage pacifique tend à remplacer dunes et lagunes par de longues digues bétonnées.

Le climat présente, du fait de la situation du Japon, une variété dont le relief seul ne saurait être responsable. Voisin de la Sibérie au nord, sur le 45ème parallèle (équivalent à… Bordeaux en France), le Japon est longé par la Mer d’Okhotsk qui gèle deux mois par an. Au sud, sur le 31ème parallèle équivalent à Agadir au Maroc, il est largement ouvert aux influences tropicales. À l’ouest il est exposé aux vents glacés du continent asiatique et à l’est aux brises et typhons du pacifique.

Ainsi, tandis que les cerisiers fleurissent en mars dans les jardins de Kyūshū, la mer dégèle à peine au nord de Hokkaidō. Tandis que les habitants de Tōkyō jouissent d’un ciel clair et d’un froid léger mais ensoleillé en hiver, les riverains de la Mer du Japon peuvent être ensevelis sous des mètres de neige au niveau de la mer (au parallèle de Barcelone). Seul point commun, les touffeurs tropicales de l’été, trois mois dans le nord et six mois dans le sud-ouest.

Hormis la région de la Mer Intérieure qui reçoit moins d’un mètre d’eau par an, il pleut beaucoup au Japon, surtout en juin-juillet (« pluie des prunes ») et en septembre. Quant aux températures, elles varient de – 40° en hiver en Hokkaidō à plus de 26° de chaleur lourde en été, d’autant plus pénible du fait de l’humidité ambiante.

Ce mélange de chaleur et d’humidité entretien une épaisse couverture forestière et l’absence de glaciation au quaternaire a permis la survie de milliers d’espèces disparues chez nous. La forêt couvre les deux tiers du pays, surtout dans les hauteurs que les hommes n’habitent pas, là où le riz ne peut pousser du fait des fortes pentes et où l’élevage est rendu impossible par le bambou nain.

La forêt subtropicale règne jusqu’au 38ème parallèle, avec ses espèces à feuilles persistantes (camélia, magnolia, chêne vert). La forêt tempérée couvre le nord du Honshū ainsi que les hauteurs de la zone subtropicale. Chênes, érables, hêtres y poussent en belles futaies associées à d’autres espèces contrairement aux forêts occidentales.

Plus on monte vers le nord, plus les conifères s’imposent. Associés aux frênes et aux bouleaux, toutes sortes de pins règnent en maîtres au nord de l’archipel et dans les hauteurs, tel le magnifique cryptomeria dont le fût peut atteindre 70 m. De nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères peuplent ces forêts.

Mais le décor serait incomplet sans le bambou, cette herbe, car c’est une graminée, qui se décline en de nombreuses variétés, géante dans le centre et à l’ouest ou naine couvrant le moindre talus du nord au sud de l’archipel.

Par sa situation, au bord du plus grand océan du globe et sur le « cercle de feu » du Pacifique, le Japon doit composer avec une nature souvent violente. Chaque année apporte son lot de cataclysmes dont certains peuvent être extrêmement meurtriers, tel le séisme du Kantō (région de Tōkyō) en 1923, qui fit 150 000 victimes.

Certains de ces cataclysmes sont d’origine tectonique ou structurale. Les éruptions volcaniques, prévisibles, font généralement peu de victimes mais beaucoup de dégâts. Les séismes en revanche sont difficilement prévisibles et peuvent faire beaucoup de victimes (plus de 6000 à Kobe en 1995). Au large, ils occasionnent des tsunami (raz-de-marée) dévastateurs. Lors du séisme de mars 2011, c’est le tsunami qui est responsable de la plupart des victimes et des disparitions, sans compter les victimes à venir de la catastrophe nucléaire de Fukushima résultant de ce tsunami. S’ajoute à cela les glissements de terrains et les affaissements, naturels ou parfois dus à l’activité humaine.

Le climat apporte également son lot de désastres. Les typhons font chaque année quelques victimes et détruisent des milliers d’habitations. Shikoku et Kyūshū sont les régions les plus frappées. Août et septembre sont les mois les plus meurtriers.

Outre le vent qui souffle en tempête, ils s’accompagnent de masses d’eau qui viennent gonfler les fleuves et rompre les digues. La fonte des neiges au printemps et la mousson en été amènent également d’importante quantité d’eau qui précipitent rageusement les cours d’eau vers l’aval.

Terre de violences hostile aux entreprises humaines, ses riches métropoles et ses plantureux paysages ruraux expriment une insertion totale de l’homme dans une nature aussi aimée que redoutée, véritable victoire de l’intelligence sur les forces brutes.

Dernière particularité de l’archipel japonais, la dissymétrie. Les grandes villes, les régions clés, l’essentiel des richesses et des hommes se concentrent sur la côte Pacifique tandis que les régions uniquement rurales, les cités rares et peu peuplées s’échelonnent sur la Mer du Japon depuis Akita jusqu’à Shimonoseki.

Cette dissymétrie est d’abord naturelle ; en hiver, les rivages plats de la Mer du Japon sont battus par la mousson tandis que les côtes du Pacifique sont découpées et ensoleillées. Elle a ensuite été entretenue et accentuée par l’histoire qui a toujours concentré d’abord dans la région de Kyūshū puis dans le Kansai (Nara et Kyōto) et enfin dans la baie de Tōkyō les forces vives du pays : gouvernements et richesses et aujourd’hui les grand foyers économiques. C’est là que courait la célèbre route du Tōkaidō, d’Edo (Tōkyō) à Kyōto et Ōsaka.

D’après Jacques Pezeu-Massabuau, Docteur ès lettres, chargé de cours à l’Université de Tōkyō.