Tsuboniwa École d'Aikido — 坪庭 合氣道 流

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Histoire


MYTHOLOGIE ET PRÉHISTOIRE

Selon le Kojiki (chronique des choses anciennes), "Bible" du Shintō, seule religion au monde dont la "Genèse" résulte d'un acte sexuel, la terre japonaise est l'œuvre des kamis Izanagi et Izanami chargés de stabiliser le chaos originel. Leur fille Amaterasu O-mikami, déesse du soleil est l'ancêtre du clan impérial, notamment de l'empereur Jimmu, premier de la longue lignée des souverains japonais. Les recherches archéologiques semblent attester que les premiers habitants de l'archipel assistèrent à son détachement progressif du continent asiatique. JŌMON (de 10 000 à 300 av J-C) Cette première civilisation était constituée de petites communautés maritimes de chasseurs (surtout pêcheurs) cueilleurs. Elle est sans doute la première au monde à pratiquer la poterie. Les motifs de cordes qui ornent les poteries d'argile séchée (il n'y a pas de four à cette époque) donnent leur nom à cette période (Jō = corde, mon = motif). YAYOI (300 av J-C-250 ap J-C) Au IIIe siècle avant J-C commence l'époque du Japon "agricole" qui voit l'apparition du tour de potier, du bronze, de la pierre finement polie et surtout de la riziculture et des techniques d'irrigation qu'elle nécessite.

HISTOIRE

YAMATO (250-710) Au IVe siècle c'est l'âge du fer, des grands chefs de guerre et des immenses sépultures (kōfun) encore visibles dans les campagnes, de Nara à Ōsaka. Un siècle plus tard la Cour du Yamato (du nom de la province qui entoure Nara) s'est constituée en absorbant la plupart des clans qui constituaient la société primitive. C'est à cette période qu'apparaissent l'écriture chinoise et le bouddhisme, d'abord ressenti comme un défi à la religion traditionnelle, mais qui, soutenu par les souverains, devient religion officielle en 594. Sous l'impulsion du régent Shōtoku Taishi l'État s'organise sur le modèle chinois. NARA (710-794). – La centralisation étatique se renforce. La réforme Taika (645-649) en définit les codes et les bases juridiques. Impôts, répartition des terres, catégories socioprofessionnelles sont établis sur le modèle Tang et une grande capitale, Heijōkyō dont Nara n'est qu'un faubourg, est tracée sur le modèle de Tch'ang-Ngan, la capitale de la chine des Tang, actuelle Xi'an. Des palais et de grands sanctuaires bouddhiques sont édifiés selon le style du continent. Savants et techniciens coréens puis chinois viennent enseigner le tissage de la soie, l'orfèvrerie, l'art de la laque et la charpenterie. Toutefois les Japonais se plient mal à cette centralisation étatique. Familles nobles et monastères s'opposent dans leur conquête des privilèges et créent de grands domaines loin de la capitale où l'autorité centrale ne se fait pas sentir. La population augmente rapidement, débordant les cadres étroits de l'administration théorique. Le pouvoir se voit miné de toutes parts. Lutte des monastères, des grandes familles, extension de la conquête à la quasi-totalité de l'archipel. En proie à la domination tyrannique des grandes sectes bouddhiques au nombre de six, prisonnier de leurs querelles, l'empereur Kōnin décide d'abandonner sa capitale. Son successeur, Kammu, transporte sa cour à cinquante kilomètres au nord de Nara à Nagaoka puis à Heian Kyō (actuelle Kyōto). Ainsi fondée, Heian va rester résidence impériale plus de mille ans (794-1868). HEIAN (794-1185). – À Heian la cour devient un monde fermé qui se livre aux joies de la poésie et des arts tandis que la puissante famille des Fujiwara exerce l'autorité réelle, fournissant en outre les impératrices. Parfois, un sage ministre, tel l'illustre Michizane, voire l'empereur lui-même tentent de reprendre, en vain, l'autorité. Sur quarante empereurs, vingt abdiquent, trois sont déposés. Deux grands clans de souche impériale, les Taira et les Minamoto ajoutent par leurs luttes à la confusion. La cour est impuissante et même les Fujiwara ne peuvent protéger Heian, pillée à plusieurs reprises. Les Taira tentent de s'emparer de Shikoku et l'empereur fait appel contre eux aux Minamoto qui vont ainsi étendre graduellement leur pouvoir sur le pays. Au XIIe siècle, Minamoto Yoritomo se trouve à la tête de tout le nord de l'archipel. En 1185 les Taira sont vaincus à la bataille de Dan no ura. Cette époque de Heian riche en épisodes hauts en couleur est un grand âge du bouddhisme. De grands moines revenus de chine, Kōbō Daishi (Kūkai) et Dengyō Daishi (Saichō) fondent des sectes nouvelles (respectivement Shingon et Tendai) et les collines qui entourent la capitale se couvrent de riches monastères. À la cour, tournois de beaux esprits, assauts de luxe et de raffinement, pique-niques sous les cerisiers en fleurs ou sous les érables dorés amollissent le pouvoir de la vieille noblesse. C'est alors que dans les provinces, à l'abri des forteresses et sur les champs de bataille naît une nouvelle caste sociale : les "bushi" (à ne pas confondre avec les samurai qui n'apparaîtront que sous l'ère Edo), hommes de guerre, fidèles à l'honneur et au devoir, dont l'épanouissement caractérise l'ère Kamakura. KAMAKURA (1185-1333). – C'est dans cette petite baie au sud de l'actuelle Tōkyō que Minamoto Yoritomo, devenu en 1192 Sei i tai shōgun (grand général pour la soumission des barbares) établit le siège de son autorité. Postes militaires et délégués de province, doublant les cadres impériaux inefficaces, assurent l'administration de l'empire. À la mort de Yoritomo, la famille des Hōjō s'empare du pouvoir et l'exercera jusqu'en 1333 sous le titre de "régent". Durant le siècle et demi de leur sage administration, les lois féodales sont codifiées, la riziculture s'étend grâce à la paix relative et le commerce intérieur peut se développer. Toute une culture empreinte d'austérité et de rigueur naît pour cette société purement militaire. Poésie mâle et tendre à la fois, grandes narrations militaires sur le thème des rivalités des premiers clans, arts dépouillés, sculpture noble et sobre, peinture sans éclat ni mièvrerie, admirables armes et une architecture au dépouillement campagnard, robuste, aussi solidement plantée que le régime. De nouvelles sectes bouddhiques, celle de Nichiren (école du lotus), l'Amidisme, rapprochent cette doctrine du menu peuple tandis que le Zen, fondé sur la quête personnelle du salut, convient davantage à la caste guerrière en rejetant le recours aux textes et aux images pour ne s'adresser qu'à la maîtrise de soi. Deux invasions mongoles victorieusement repoussées (1274 et 1281) affermissent encore le prestige de la classe militaire tout en lui donnant d'elle-même une idée excessive. Une insatisfaction latente va dès lors régner chez ces guerriers tandis que le gouvernement des Hōjō se relâche. Une longue querelle de succession entre la branche aînée et la branche cadette de la famille impériale va amener la chute de Kamakura et l'arrivée de la famille Ashikaga à la fonction shogunale. MUROMACHI et MOMOYAMA (1333-1600). – Les nouveaux maîtres du pays, établis à Kyōto dans le faubourg de Muromachi, tiennent une cour extrêmement brillante, un peu à la manière des cours italiennes de la Renaissance. Sous l'influence de la culture Song, l'architecture s'affine à l'extrême (Kinkakuji, Pavillon d'or et Ginkakuji, Pavillon d'argent), une peinture nouvelle mariant sur des fonds d'or les couleurs les plus vives, flamboie sur les cloisons des résidences tandis que, dans d'austères pavillons savamment rustiques, s'élaborent les rites dépouillés de la cérémonie du thé. Le Japon se lance dans le commerce extérieur avec de grands bénéfices. En 1543 les Portugais arrivent dans l'archipel et introduisent les armes à feu et le christianisme. Toutefois, les Ashikaga ne réussissent pas à enrayer l'anarchie. Aux querelles opposant les familles guerrières se superposent des jacqueries contre l'impôt et les usuriers. De 1467 à 1570 environ le Japon est plongé dans l'anarchie la plus complète. On se bat dans les monastères, dans les villes et les campagnes et, dans les rues de Kyōto parcourues de bandes rivales les empereurs vont jusqu'à mendier leur nourriture. Certains clans féodaux se déclarent autonomes. Chaque seigneur s'organise dans ses fiefs, s'attache des vassaux et règne en maître sur une portion du territoire japonais. Trois hommes, sans doute avec Yoritomo, les plus grands de toute l'histoire nationale, vont restaurer l'autorité centrale. Le troisième va même la confisquer au profit de sa famille pour deux siècles et demi. Oda Nobunaga détruit les couvents les plus belliqueux et meurt, maître du pays, assassiné en 1582. Son lieutenant Hideyoshi le remplace, rêve de conquérir la Corée mais échoue. À l'intérieur il assure toutefois sa domination sur l'ensemble de l'archipel. Alarmé par le pouvoir des missionnaires catholiques, il interdit la religion étrangère en 1587. Homme universel, il développe l'industrie minière, envoie au loin des navires de commerce, organise l'armée tout en encourageant les arts pour lesquels il se montre un mécène fastueux et délicat. EDO (1600-1868). – À sa mort, un de ses lieutenants, Tokugawa Ieyasu, a déjà 57 ans.

Tokugawa Ieyasu

Négociateur perspicace autant que guerrier il s'assure en 1600 une victoire définitive sur les grands féodaux à la bataille de Sekigahara. Il avait établi à Edo, la future Tōkyō, le centre de sa domination en y édifiant une immense forteresse, tout en confiant au fur et à mesure l'administration des régions soumises aux seigneurs ralliés, les daimyos.

Bataille de Sekigahara

Ceux-ci demeurent cependant étroitement surveillés, leurs alliances et leur mariages contrôlés et eux-mêmes tenus de construire à Edo des résidences où ils doivent séjourner six mois par an. Les chrétiens (environ 600 000), considérés comme éléments de dissociation de l'empire sont sévèrement traqués. Partout un réseau d'espions garde l'ensemble du pays sous l'œil du shogun. Toute relation avec l'étranger est interdite et le Japon se replie sur lui-même. Étayé officiellement sur la doctrine néo-confucianiste, le système féodal prévoit une division hiérarchique de la société que cimente des relations d'obligation et de fidélité. Tout est calibré, ordonné, contrôlé, qu'il s'agisse du nombre des naissances, de celui des soldats, du régime foncier, des règles des professions, des doctrines à enseigner, de la police, des aliments de chaque classe de la société et même de ses vêtements. Ajoutons-y les dimensions et le degré de luxe des habitations et la culture elle-même. Au sommet règne l'empereur, inaccessible et sans pouvoir, entouré de sa noblesse de cour. Ensuite vient la classe militaire, subdivisée en daimyo et vassaux de tous rangs, toujours fidèle à la culture Heian (étiquette, costume, langage, arts). En dessous, les paysans forment l'immense majorité des habitants. Ils sont "supérieurs" aux artisans des villes, eux-mêmes au-dessus de la bourgeoisie des marchands. Méprisés officiellement, ces derniers, à Edo et surtout à Ōsaka, connaissent une grande prospérité grâce au retour de la paix et en dépit des barrières douanières qui isolent en principe chaque fief. Une culture originale s'élabore à leur usage. Théâtre du kabuki et du bunraku (poupées), estampes reproduisant des scènes de leur vie quotidienne, musique du shamisen et art des geisha. Tout en bas de l'échelle sociale, un million de parias, les burakumin, jardiniers, fossoyeurs ou tanneurs, vivent dans le mépris général. MEIJI (1868-1912). – Un tel ordre social assorti de tant de réglementations, d'abord admis de tous, se trouve progressivement en porte-à-faux lorsque la classe des marchands concentre peu à peu l'essentiel des richesses du pays, aux dépens des paysans et d'une classe militaire appauvrie, et que les connaissances accumulées du XVIIe au XIXe siècle en Occident commencent à filtrer par le comptoir hollandais de Nagasaki, seule porte laissée "entrouverte" sur le monde extérieur. Aussi, lorsqu'en 1854 les vaisseaux américains du commodore Perry se présente dans la baie d'Edo, toute une faction de la classe dirigeante est désireuse de renverser le régime shogunal et de restaurer l'autorité impériale, soucieuse aussi d'éviter au Japon le sort de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, lentement dépecées par les Occidentaux, pour accueillir volontairement les étrangers, leurs idées et leurs techniques et moderniser le pays.

Commodore Perry

Cette "révolution" de Meiji (1868) se fait à peu près sans effusion de sang. L'empereur se transporte à Edo, rebaptisée Tōkyō, "la capitale de l'Est", qui devient le siège d'un gouvernement imité dans son fonctionnement, de la démocratie anglaise, bien qu'en principe soumis à l'autorité absolue du souverain, mais assurant aux clans partisans de la restauration impériale l'essentiel du pouvoir. La féodalité abolie, le pays divisé en départements et administré depuis la nouvelle capitale, on se met avec ardeur à l'école de l'Occident et le pays se voit systématiquement industrialisé, grâce à des emprunts aux grandes puissances et à l'appel en masse de techniciens et d'experts dans toutes les branches du savoir. Le Japon moderne est né. D'après Jacques Pezeu-Massabuau, Docteur ès lettres, chargé de cours à l'Université de Tōkyō.